» » L'histoire du domaine de Serrant

La Renaissance

 

Serrant a commencé par être une forteresse médiévale jusqu’au jour où, Péan de Brie, revenu des guerres d’Italie, décide de reconstruire son château dans l’esprit de la Renaissance.

Mais de sérieux déboires financiers ne lui laissent d’autres choix que d’interrompre les travaux : seuls l'escalier, la tour Nord et une moitié du corps de logis sont élevés de terre.

   

Le Classicisme

 

Le domaine connaît alors bien des vicissitudes et change de main à plusieurs reprises. Guillaume de Bautru, conseiller d’Etat et homme pittoresque s’il en est, l’acquiert en 1636.

Ce personnage a marqué les cours de Louis XIII et Louis XIV par son comportement libertin, ses réparties piquantes et ses plaisanteries bouffonnes. A Serrant, l’homme s’intéresse aux desseins de son prédécesseur et décide de poursuivre les travaux selon le plan initial : le corps central est achevé, la tour Sud, les deux ailes et les deux pavillons sont créés… Un siècle sépare les constructions, mais qui peut voir le subterfuge tant le programme architectural du XVIème est respecté ?

 

 

 

 

 

La chapelle, dessinée par Jules Hardouin Mansart, contient le mausolée du Marquis de Vaubrun par Coysevox. La Marquise de Vaubrun, née Madeleine de Bautru, avait commandé ce monument pour célébrer la mémoire de son mari, tué lors du passage du Rhin au cours de la guerre de Succession d’Espagne.

 

Les exilés
 

1749 : la dernière descendante de Guillaume de Bautru, veuve et sans enfant, vend le domaine de Serrant. Une famille d’armateur nantais du nom de Walsh en fait l’acquisition. Cette vieille famille irlandaise s’est volontairement exilée en France afin de démontrer son intangible loyauté envers les Stuart détrôné et permet à Serrant de traverser la Révolution Française sans encombres. Ils accueillent de grands personnages à Serrant : l'archiduchesse Marie-Christine d'Autriche, soeur de Marie-Antoinette, Napoléon Ier et Joséphine, Louis-Napoléon Bonaparte ou encore la Duchesse de Berry ont été reçus pour de fastueux dîners.

 

Dans les années 1820, les Walsh créent un parc à l’anglaise sur plusieurs centaines d'hectares organisé autour de pièces d'eau romantiques et de points de vue sur le château.

La monumentale grille d’honneur porte encore aujourd’hui leur blason et leur emblème : un cygne navré, c’est à dire percé d’une flèche…

Les fastes des la Trémoïlle

 

En 1830, Valentine Walsh de Serrant épouse le duc de la Trémoïlle : c’est ainsi qu’une des plus vieilles familles de France (dont la généalogie remonte au XIe siècle), va unir son destin à celui du château.

A partir de 1890, le duc confie à Lucien Magne, l’architecte chargé de la rénovation de Fontevraud, la restauration du château : ajout d’une balustrade ornée de pots à feu, de frontons couronnant les fenêtres du deuxième étage et d’un blason aux armes des La Trémoïlle, qui est apposé au-dessus de l’entrée principale. La décoration intérieure est également repensée, tout en conservant le mobilier d'origine et les souvenirs des familles précédentes. Le duc apporte également sa collection de livres et l'ajoute à ceux déjà présent au château en aménageant une grandiose bibliothèque.

 

Jusqu'en 1933, Serrant vit au rythme des réceptions mondaines de la Belle Epoque : dîners, concerts classiques, promenades en calèche, etc... Mais cela n'empêche pas le château de se moderniser considérabement : chauffage central, électricité, eau courante et téléphone sont progressivement installés entre 1890 et 1920.

 

  

Une propriété princière

 

Le château reste aujourd'hui une demeure privée, accueillante pour tous les visiteurs. Les propriétaires actuels, le Prince et la Princesse de Merode, sont des descendants des La Trémoïlle. Ils ont déjà beaucoup œuvré pour l’embellir et le moderniser. Depuis 2004, le château peut s’enorgueillir de belles cuisines restaurées. 

En 2016, le réfectoire des domestiques et la buanderie ouvrent à leur tour en visite, avec l'objectif de faire découvrir l'autre côté de la vie de château.

 

Aujourd’hui, Serrant est encore et toujours plus accueillant : les anciennes remises accueillent aujourd’hui la billetterie et la boutique et certaines salles du domaine s’ouvrent également à la location.

La dernière restauration concerne en effet, au printemps 2016, l'Orangerie du XVIIIème siècle pour en faire une salle de séminaires et de mariages.